Débats majeurs et développements récents – Mali

Débats majeurs et développements récents

Mali

Les débats majeurs durant la période de transition

Le Mali traverse une transition politique suite au coup d’état militaire le 22 mars 2012 qui a entraîné l’arrêt du processus démocratique en cours depuis 1991. Les deux missions assignées aux autorités de la transition sont d’abord le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays par la reconquête des régions du nord et, ensuite, l’organisation d’élections générales transparentes et crédibles.

La première mission est en cours de réalisation avec le démarrage, en janvier 2013, des opérations militaires dans les régions du nord du pays. Le second aussi est en cours de réalisation avec les préparatifs pour la tenue des élections présidentielles prévue pour le 28 juillet 2013. Cependant, des inquiétudes persistent quant au respect des dates annoncées, car la région de Kidal reste sous le coup des groupements armés et constituant un obstacle au respect de la disposition de l’article 153 de la loi électorale qui stipule que la circonscription électorale est le territoire national pour l’élection du président de la République.

Donc, les regards sont tournés vers les autorités qui font face à un certain nombre de défis liés aux missions qui leur ont été assignées.

Il ressort notamment de la feuille de route du 29 janvier 2013 adoptée par le Gouvernement de transition et l’Assemblée nationale, dans son point II.2 la réalisation d’autres réformes politiques en vue:

  • d’améliorer le système électoral par une loi fixant le régime général des élections ;
  • d’assurer l’expression plurielle des courants de pensée par une loi relative à la communication audiovisuelle ;
  • d’organiser les professions de la presse par une loi relative au régime de la presse ;
  • d’assurer la répartition équitable du temps d’antenne au sein de l’audio- visuel public ;
  • de conférer un statut aux partis politiques de l’opposition et au chef du principal parti de l’opposition.

Pour l’élection du 28 juillet, la DGE a identifié 6 877 449 électeurs dont 3 437 928 femmes. Le MATDAT doit remettre à chaque électeur, sa carte NINA en moins de 2 mois. L’utilisation de cette carte est une première au Mali. Ces éléments constituent aussi de grands défis pour la réussite de ces élections. La tenue rapide d’élections crédibles et transparentes avait été réclamée par plusieurs partenaires techniques et financiers afin que le pays dispose d’autorités légitimes. Certains d’entre eux ont suspendu leur coopération suite au coup d’état. Ainsi, les autorités de la transition font face à de grands défis dont certains sont hors de leur portée – notamment la situation sécuritaire dans les régions nord du pays. C’est pourquoi l’opinion est divisée entre le maintien de la date de juillet ou le report à une date ultérieure. Les uns avancent l’argument de doter le pays d’autorités légitimes le plus rapidement possible afin de favoriser la reprise de toutes les coopérations pour une sortie rapide de crise. Les autres pensent que le court délai dont on dispose ne permet pas d’organiser des élections crédibles et transparentes. Par conséquent, un report vaut mieux qu’une élection bâclée avec ses corolaires de conflits post électoraux.

Un autre défi est le relèvement du taux de participation électorale au Mali qui est l’un des plus bas au monde. A ce niveau les organisations de la société civile de même que le Ministère chargée de l’Administration Territoriale font des activités d’information et de sensibilisation des populations.

Le Département en charge des élections, en collaboration avec certains partenaires, a commencé les activités d’information et de concertation avec les partis politiques et la société civile sur le processus. En outre, une grande campagne d’information des électeurs et électrices sur la carte NINA en plusieurs langues locales est en cours à deux mois des élections.

La course pour les présidentiels est ouverte avec plusieurs candidats sans principal favori. Les débats tournent sur les priorités du futur président, tant elles sont nombreuses. Les maliens aspirent à un grand changement en faveur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et l’impunité, la recherche de solution durable au problème du nord, l’emploi des jeunes, etc. Les attentes des populations sont grandes compte tenu de la crise profonde au Mali.

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