Débats majeurs et développements récents – Mauritanie

Débats majeurs et développements récents

Mauritanie

Le débat politique porte sur le recensement à vocation d’Etat civil lancé en 2011 par les autorités mauritaniennes, en vue de l’élaboration d’un document d’état civil sécurisé. Certains, comme le mouvement « touche pas à ma nationalité » y voient des pratiques discriminatoires visant à exclure une partie de la population notamment négro-africaine. Cette situation avait donné lieu à des protestations dans certaines villes du pays. Certains partis politiques ainsi que des organisations de la société civile réclament une justice et une équité dans le recensement à vocation d’Etat civil ainsi qu’une réorganisation et un renforcement des services d’état civil avec notamment le départ des principaux responsables.

Une deuxième question au menu des débats est relative à la composition de la CENI. La CENI est reprochée de ne pas représenter toute la classe politique (majorité présidentielle et opposition), ainsi certains partis de l’opposition demandent un changement des membres de la CENI. C’est pour eux, une des conditions permettant des élections transparentes et libres. On reproche aussi à la CENI d’être indépendante qu’en apparence puisque, à côté de la CENI, est créée une Direction générale des services d’appui au processus électoral (DGPE) dépendant du Ministère de l’Intérieur «regroupant tous les services et structures administratives intervenant dans l’organisation des élections ». Cette direction générale est «en charge de l’élaboration et de la conservation du fichier électoral ». Selon l’opposition, l’établissement du fichier électoral a de tout temps été pour l’Administration l’occasion de tous les tripatouillages. Les acteurs de l’opposition se demandent en quoi l’établissement par la CENI de la liste électorale sur la base d’un tel fichier (que la CENI est, dans la pratique obligée de valider faute de pouvoir le vérifier à la source) offre la moindre sécurité aux partis politiques en compétition.

Il y a aussi un autre débat politique autour des candidatures indépendantes qui a refait surface à cause de leur suppression. En effet, certains et même au sein de la majorité présidentielle, ont manifesté leur opposition à la suppression des candidatures indépendantes pour les législatives et municipales. Pour certains, la suppression des candidatures indépendantes va à l’encontre de la revitalisation de la vie politique et institue un monopole au profit des partis politiques.

Le débat politique tourne aussi, sur l’opportunité de constituer un gouvernement d’union nationale regroupant aussi bien l’opposition et la majorité. Certains partis pose la constitution d’un gouvernement d’union nationale comme une condition permettant de calmer la situation politique et favorisant des élections apaisées. D’autres partis continuent de contester les élections présidentielles de 2009 et déclarent qu’ils boycotteront les prochaines élections législatives et municipales.

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